L’estime et la vertu

Les hommes du XIXe siècle étaient convaincus que les personnes de mérite qui voulaient bien consacrer leurs loisirs à des travaux scientifiques pouvaient tirer des profits d’estime de ce type d’activité. En particulier parce que la pratique d’une science était une manière de rendre publiques les qua...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
Auteur principal: Ploux, François
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Revue d’histoire du XIXe siècle 2019
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Les hommes du XIXe siècle étaient convaincus que les personnes de mérite qui voulaient bien consacrer leurs loisirs à des travaux scientifiques pouvaient tirer des profits d’estime de ce type d’activité. En particulier parce que la pratique d’une science était une manière de rendre publiques les qualités morales qui y étaient investies  : le goût du travail, de l’effort, le sacrifice de soi… Par conséquent le désir de s’affirmer dans l’espace public constituait, pour la libido sciendi des amateurs de science, un très puissant stimulant. Les sociétés d’études historiques ou scientifiques, qui recrutaient leurs membres dans la bourgeoisie du diplôme et dans la noblesse, jouèrent, en province, un rôle essentiel dans les dispositifs locaux de conversion du mérite scientifique en estime publique. Mais la notoriété que conférait ce type d’activité était, sauf exception, locale. Faute de pouvoir rivaliser avec la science parisienne, la science provinciale se définissait comme une science des territoires locaux. Elle consistait dans la production d’un savoir local, destiné à un public local. Tout le travail des amateurs de science affiliés aux sociétés d’émulation consistait en fait à faire exister un espace de communication scientifique local capable d’offrir aux bourgeois de province la possibilité d’accéder à la notoriété, de sortir du néant auquel l’hypercentralisation parisienne semblait les condamner.