Indésirables en métropole, utiles en Algérie ? Les réfugiés politiques étrangers et la colonisation (1830-1852)

Après juillet 1830, la France fait office de terre d’accueil pour des exilés politiques venus de toute l’Europe, dont une partie seulement obtient du ministère de l’Intérieur le statut d’« étrangers réfugiés ». De manière concomitante, le pays s’engage au nord de l’Afrique dans une entreprise de col...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
Egile nagusia: Diaz, Delphine
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Revue d’histoire du XIXe siècle 2015
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Après juillet 1830, la France fait office de terre d’accueil pour des exilés politiques venus de toute l’Europe, dont une partie seulement obtient du ministère de l’Intérieur le statut d’« étrangers réfugiés ». De manière concomitante, le pays s’engage au nord de l’Afrique dans une entreprise de colonisation qui se poursuit non sans heurts après la prise d’Alger. Cette étude se propose d’envisager la politique d’envoi des réfugiés étrangers vers la nouvelle colonie entre le début de la monarchie de Juillet et la fin de la Seconde République, en s’intéressant tout particulièrement aux étrangers qui ont participé au processus de colonisation civile. Ces étrangers, considérés par le gouvernement comme un fardeau pour les finances publiques en raison des subsides qui leur étaient versés, ont d’abord été perçus comme de bons candidats au départ vers l’Algérie, avant d’être peu à peu marginalisés par les autorités qui ont souhaité davantage privilégier une émigration française vers la nouvelle colonie à partir de la fin de la monarchie de Juillet et de manière plus nette encore au début de la Seconde République. Les pétitions de réfugiés installés en Algérie, ainsi que les fonds administratifs des Archives nationales d’outre-mer, permettent d’appréhender de manière quantitative et qualitative la population des étrangers secourus à Alger, en brossant le tableau de leurs conditions de vie en milieu colonial. Ces sources montrent enfin combien le séjour en Algérie a pu être assimilé à une seconde proscription par les réfugiés, dont les efforts pour rentrer en métropole ont été systématiquement découragés.