La danse des corps figés. Catalepsie et imaginaire médical au XIXe siècle

En psychiatrie, disait Michel Foucault, le XIXe siècle fut le siècle des convulsions. En effet, depuis les crises mesmériennes de l’époque révolutionnaire jusqu’à l’apogée spectaculaire du théâtre de Charcot à la Belle Époque, le corps, au XIXe siècle, est trop agité. On s’imagine déferler, côte à c...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
1. Verfasser: Bacopoulos-Viau, Alexandra
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Revue d’histoire du XIXe siècle 2012
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:En psychiatrie, disait Michel Foucault, le XIXe siècle fut le siècle des convulsions. En effet, depuis les crises mesmériennes de l’époque révolutionnaire jusqu’à l’apogée spectaculaire du théâtre de Charcot à la Belle Époque, le corps, au XIXe siècle, est trop agité. On s’imagine déferler, côte à côte, hystériques, épileptiques et autres névrosés, impuissants à dire leur mal, incapables de cesser leurs déchaînements, exhibant leur irrationalité excessive par le biais de leurs corps gesticulants. Or, cette même période fut aussi marquée par la présence parallèle d’une figure de corps immobile, figure que les historiens semblent généralement avoir mise de côté au profit de cette hystérique convulsive effrénée. C’est à l’évolution de cette curieuse « condition figée » dans l’imaginaire médical du XIXe siècle que nous nous intéresserons ici. Si ces femmes-statues jouèrent un rôle-clé dans ladite « découverte de l’inconscient » vers 1900, les diverses caractéristiques qui leur furent attribuées tout au long du siècle attestent du statut incertain qu’occupa le merveilleux durant une époque de plus en plus positiviste. Est ici examinée l’importance capitale de cette condition aux manifestations et caractéristiques parfois troublantes et mystérieuses dans la mise en place d’un discours savant sur la psyché.