La Belle époque de l’aventure (1890‑1920)

La désignation du roman d’aventures, en tant que genre, date du milieu du XIXe siècle. Dans la foulée de Gabriel Ferry, de Gustave Aimard et du capitaine Mayne-Reid, Jules Verne et ses épigones imposèrent, à partir des années 1860, ce genre littéraire nouveau, que l’on destinait d’abord aux jeunes g...

Täydet tiedot

Tallennettuna:
Bibliografiset tiedot
Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
Päätekijä: Venayre, Sylvain
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: Revue d’histoire du XIXe siècle 2008
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Kuvaus
Yhteenveto:La désignation du roman d’aventures, en tant que genre, date du milieu du XIXe siècle. Dans la foulée de Gabriel Ferry, de Gustave Aimard et du capitaine Mayne-Reid, Jules Verne et ses épigones imposèrent, à partir des années 1860, ce genre littéraire nouveau, que l’on destinait d’abord aux jeunes garçons, chez qui on supposait, dans une logique romantique, l’invincible désir de vivre des aventures. Toutefois, il ne s’agissait pas d’exalter ce désir mais, au contraire, de l’utiliser pour inculquer au jeune lecteur tout à la fois des connaissances positives et une morale virile. Dans toute cette littérature, la figure de l’aventurier était méprisée, au profit de celle du héros, guidé par une idée qui le dépasse et dont l’horizon est défini par le sacrifice. Ce n’est qu’au tournant des XIXe et XXe siècles, dans les années 1890-1920, qu’apparut le thème de l’aventure pour l’aventure. Lié à la poésie romantique du voyage pour le voyage, émergent autour de la figure du chercheur d’or, voire de celle du reporter, progressivement glorifiées dans la deuxième moitié du XIXe siècle, ce discours inédit fit de “l’Aventure”, désormais coiffée d’une majuscule, le moyen de l’accomplissement de soi, de la saisie de son propre destin et du dévoilement du sens caché du monde. Alors seulement l’ancienne éthique héroïque s’effaça, au profit de la gloire nouvelle d’un aventurier dorénavant défini exclusivement par la quête de l’aventure pour elle-même.