De la race à la lèpre  : les cagots au miroir déformant des sociétés savantes (1859-1910)

À la fin du XIXe siècle, les cagots sont représentés, dans les discours savants, tantôt comme des descendants d’une race gothique, tantôt comme une catégorie de lépreux. Victimes de discriminations dans le sud-ouest de la France entre le XIIIe et le XIXe siècles, les cagots constituent pourtant une...

Cijeli opis

Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
Glavni autor: Fonlupt, Jacques
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Revue d’histoire du XIXe siècle 2026
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:À la fin du XIXe siècle, les cagots sont représentés, dans les discours savants, tantôt comme des descendants d’une race gothique, tantôt comme une catégorie de lépreux. Victimes de discriminations dans le sud-ouest de la France entre le XIIIe et le XIXe siècles, les cagots constituent pourtant une catégorie de femmes et d’hommes d’apparences parfaitement ordinaires, déjà dissoute dans le reste de la société dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le décalage entre la réalité de ce que furent les cagots et leurs représentations savantes reflète par conséquent les courants intellectuels et scientifiques qui parcourent le second XIXe siècle  : à la faveur du développement des sociétés savantes, les cagots deviennent un fascinant objet d’étude pouvant aussi bien servir à confirmer les postulats d’une anthropologie racialiste en plein essor qu’à défendre, en dépit des découvertes bactériologiques, l’hypothèse d’une hérédité de la lèpre. Cet article se donne ainsi pour but de retracer la façon dont, entre race et lèpre, la figure des cagots a été façonnée durant la seconde moitié du XIXe siècle au gré de controverses et d’intérêts savants, influençant durablement l’imaginaire social plus large qui entoure cette ancienne catégorie discriminée.