L’exploration naturaliste après l’Empire. Acteurs, savoirs et pouvoirs dans le voyage d’Alcide d’Orbigny en Amérique du Sud (1825-1834)
À partir du cas de l’expédition d’histoire naturelle conduite par Alcide d’Orbigny en Amérique du Sud (1826-1834), cet article propose de déplier les modalités de l’exploration naturaliste dans une situation postcoloniale. En analysant les multiples interactions du voyageur-naturaliste sur un terrai...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/rh19, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Revue d’histoire du XIXe siècle
2025
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | À partir du cas de l’expédition d’histoire naturelle conduite par Alcide d’Orbigny en Amérique du Sud (1826-1834), cet article propose de déplier les modalités de l’exploration naturaliste dans une situation postcoloniale. En analysant les multiples interactions du voyageur-naturaliste sur un terrain sud-américain devenu indépendant, il s’agit de mettre à l’épreuve différents modèles théoriques travaillés dans le champ de l’histoire impériale des savoirs et de l’exploration. C’est d’abord le rôle des institutions scientifiques européennes – du Muséum d’histoire naturelle de Paris en l’occurrence – et de leurs instructions de collecte, qui est réinterrogé au prisme des contingences d’un terrain postrévolutionnaire. Resituer l’espace-temps du terrain au centre du dispositif de fabrique des savoirs naturalistes permet alors de mettre en évidence la contribution d’une multiplicité d’acteurs et d’actrices plus ou moins invisibilisés : des négociants de Buenos-Aires, un guide métis, une interprète autochtone de Patagonie, des chasseurs gauchos et esclaves, ou encore des enfants collecteurs d’insectes dans un village indien. Renversant la grille de lecture classique de l’exploration naturaliste au service du colonialisme européen, la dernière partie de l’article montre comment les nouveaux gouvernements hispano-américains issus des indépendances ont cherché à attirer vers eux l’« expertise » de naturalistes européens afin de coloniser leur espace souverain. C’est ainsi que d’Orbigny fut recruté par le président de la Bolivie en 1829 pour explorer et coloniser les franges amazoniennes du jeune pays. En revenant sur les différentes dépendances du voyageur, l’article esquisse une histoire politique et sociale des médiations de savoirs en terrain postcolonial. |
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