Les Laocoon de Winckelmann

Les descriptions winckelmanniennes du Laocoon, qui paraissent par deux fois en 1755 et en 1764, ont suscité chez les lecteurs de la fin du xviiie siècle (de Mendelssohn jusqu’à Goethe, en passant par Herder, Heyne, Heinse ou encore Moritz) des réactions très variées. Malgré leur manifeste divergence...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
Yazar: Décultot, Élisabeth
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Revue germanique internationale 2011
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:Les descriptions winckelmanniennes du Laocoon, qui paraissent par deux fois en 1755 et en 1764, ont suscité chez les lecteurs de la fin du xviiie siècle (de Mendelssohn jusqu’à Goethe, en passant par Herder, Heyne, Heinse ou encore Moritz) des réactions très variées. Malgré leur manifeste divergence, tous ces jugements s’accordent néanmoins sur un attendu essentiel : Winckelmann participerait d’une ère sereine du discours sur l’art, cette ère encore confiante en l’évidence de la description. Il serait le grand représentant d’un âge « classique » de la littérature artistique où décrire, rendre compte de l’art à l’aide de mots va encore de soi. C’est ce présupposé que la présente contribution entend interroger.On ne possède en réalité pas moins de trois versions différentes, manuscrites ou publiées, de la description du Laocoon – une profusion qui laisse penser que, contrairement aux apparences, décrire n’est pas chose facile pour Winckelmann. Si la description du groupe pose problème, c’est que sa perception même est contradictoire. Winckelmann hésite en effet sans cesse entre deux approches de la statue qui, bien que radicalement opposées, coexistent chez lui dans une tension permanente. D’un côté, une approche empirique, née du contact visuel direct avec le marbre, attentive à la matérialité plastique de l’œuvre et à son origine historique. De l’autre, une approche idéale, moins attachée à l’examen concret des formes de la statue qu’à l’ « idée » qui y préside, une approche qui tend du même coup à extraire l’œuvre de toute contingence historique. Chacune de ses grandes descriptions, manuscrites ou publiées, du Laocoon apporte la preuve de cette oscillation.