La technique du point de vue de l’Anthropologie Philosophique

L’offre théorique de l’Anthropologie Philosophique moderne en matière de technique en tant que paradigme peut être divisée en trois théorèmes. Premièrement, elle propose une argumentation sur l’émergence de la technique dans le domaine de la transition entre l’animal et l’homme : dans quelle mesure...

ver descrição completa

Na minha lista:
Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
Autor principal: Fischer, Joachim
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Revue germanique internationale 2026
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:L’offre théorique de l’Anthropologie Philosophique moderne en matière de technique en tant que paradigme peut être divisée en trois théorèmes. Premièrement, elle propose une argumentation sur l’émergence de la technique dans le domaine de la transition entre l’animal et l’homme : dans quelle mesure peut-on établir une frontière constitutive entre l’intelligence animale et l’intelligence humaine en comparant l’animal et l’homme ? L’Anthropologie Philosophique – avec Helmuth Plessner et Max Scheler – critique ainsi la conception, qui perdure encore aujourd’hui, selon laquelle certains animaux, en particulier les chimpanzés, feraient déjà preuve d’une intelligence pratique sous la forme de l’utilisation d’outils, ce qui ferait de la technologie humaine un simple développement graduel de cette intelligence animale. Le premier théorème philosophico-anthropologique soutient que le phénomène de la technique n’apparaît qu’avec l’humain. Le deuxième théorème explique comment l’homme en vient à inventer les techniques, l’éventail des phénomènes techniques, en se référant à la physicalité de l’humain. Ce théorème de la technique, d’abord présenté comme une « projection organique » par Ernst Kapp, puis comme un « remplacement organique », un « soulagement organique » et un « surpassement organique » chez Arnold Gehlen, tente de rendre plausible l’ensemble du spectre de la technique selon le principe fondamental de « l’artificialité naturelle ». Ce principe consiste à se défaire progressivement de l’organicité de sa vie au profit d’une couronne d’artefacts, ce qui permet de stabiliser son caractère imparfait. Le troisième théorème inverse la perspective et, dans la comparaison entre la machine et l’homme, revient de la technique à l’homme. Compte tenu de l’émancipation de la technologie par rapport à l’homme, de sa perfection et de son omniprésence, l’idée d’une « obsolescence de l’homme » (Günther Anders) s’impose face aux machines créées, ce qui, en contrepartie, manifeste à nouveau dans la comparaison entre la machine et l’homme une caractéristique propre aux êtres humains : le sentiment de honte face à leur propre obsolescence.