Les lectures françaises de Winckelmann. Enquête sur une généalogie croisée de l’histoire de l’art
Selon une coutume érudite ancienne, Winckelmann avait pris l’habitude de consigner ses lectures dans des « cahiers d’extraits » (excerpta). Dans cette bibliothèque portable et manuscrite émerge un important massif : ses lectures françaises, volumineux ensemble de citations dont le présent article te...
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| In: | URI:https://journals.openedition.org/rgi, |
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| Main Author: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
Revue germanique internationale
2011
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| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Selon une coutume érudite ancienne, Winckelmann avait pris l’habitude de consigner ses lectures dans des « cahiers d’extraits » (excerpta). Dans cette bibliothèque portable et manuscrite émerge un important massif : ses lectures françaises, volumineux ensemble de citations dont le présent article tente l’analyse. De ce corpus d’extraits, qui vont de Montaigne à Voltaire, en passant par Perrault et La Bruyère, Winckelmann semble avoir tiré trois principes majeurs pour la rédaction de son œuvre. Un principe épistémologique, tout d’abord : de la Querelle des Anciens et des Modernes, qu’il lit attentivement, il a retiré une conception ambiguë, à la fois historique et normative, de l’art antique. Un principe stylistique, ensuite : ces lectures françaises ont été pour lui une véritable école d’écriture, notamment dans l’art de l’aphorisme et de l’ellipse. Un principe sociologique, enfin : l’exploration du champ intellectuel français a été pour lui l’occasion de découvrir un paradigme sociologique puissant et encore largement étranger à l’Allemagne, celui de l’homme de lettres. L’étude de cette bibliothèque permet ainsi de réviser l’idée — largement répandue par Winckelmann lui-même avant d’être reprise par de nombreux commentateurs — d’une animosité foncière de l’écrivain envers la culture française. |
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