Goethe et la science anglaise

Sa connaissance approfondie de la langue anglaise et son goût pour la littérature anglaise moderne (Richardson, Goldsmith, Sterne) ont tôt donné à Goethe une certaine idée de l’esprit de cette nation anglaise, à la fois mélancolique et pragmatique, actif et flegmatique, juvénile et assuré. Rapportée...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
Autore principale: Lacoste, Jean
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Revue germanique internationale 2011
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Sa connaissance approfondie de la langue anglaise et son goût pour la littérature anglaise moderne (Richardson, Goldsmith, Sterne) ont tôt donné à Goethe une certaine idée de l’esprit de cette nation anglaise, à la fois mélancolique et pragmatique, actif et flegmatique, juvénile et assuré. Rapportée à cette image, la méthode mathématique de Newton en optique ne pouvait être considérée par le poète que comme une trahison. Dans sa Théorie des couleurs Goethe oppose à l’abstraction qu’il voit incarnée chez Newton une autre méthode, vraiment empirique, une tradition plus attentive à la diversité des époques, des expériences et des « idiosyncrasies », une approche « sentimentale », presque sociologique et à ses yeux authentiquement anglaise de la science. Ce ne fut pas suffisant pour prévenir en faveur de la Théorie des couleurs ses premiers recenseurs anglais. Parmi ceux-ci, Thomas Young, le grand physicien, qui jugea toutefois opportun de traduire en 1814 quelques passages de l’œuvre hiéroglyphique de Goethe, bien avant la traduction annotée de Charles Lock Eastlake (Goethe’s Theory of Coulours, 1840). Dans quelle mesure ce premier jugement critique a-t-il ouvert la voie à une meilleure compréhension de l’œuvre ?