Boncourt, Combourg, Lubowitz. L’image du château perdu chez Chamisso, Chateaubriand et Eichendorff

Chez ces trois fils de la noblesse rurale issus des marges de leur pays respectif – la Bretagne chez Chateaubriand, l’Argonne chez Chamisso, la Silé-sie chez Eichendorff – le château perdu est au cœur du paysage natal, que cette perte ait été provoquée par un partage familial, la Révolution ou la fa...

詳細記述

保存先:
書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
第一著者: Pille, René-Marc
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Revue germanique internationale 2011
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
その他の書誌記述
要約:Chez ces trois fils de la noblesse rurale issus des marges de leur pays respectif – la Bretagne chez Chateaubriand, l’Argonne chez Chamisso, la Silé-sie chez Eichendorff – le château perdu est au cœur du paysage natal, que cette perte ait été provoquée par un partage familial, la Révolution ou la faillite économique. Le rapprochement entre l’évocation de Combourg dans les premiers livres des Mémoires d’outre-tombe, le poème de Chamisso, Das Schloß Boncourt, et celui d’Ei-chendorff, Denkst du des Schlosses noch auf stiller Höh ?amène la constatation suivante : construite selon une verticalité qui tend à devenir oppressante, cette image affective renvoie chez Chateaubriand et Chamisso à la figure paternelle – c’est Combourg au « visage de pierre » –, tandis que le paysage d’Eichendorff s’ordonne autour d’une pente fatale placée sous le signe d’une figure féminine au pouvoir ensorceleur. Le paysage natal tel que le recomposent les auteurs abordés ici ne saurait donc se réduire à la nostalgie d’une Heimat idéalisée, comme on l’a trop souvent cru à propos du romantisme – et c’est d’ailleurs ce titre que donneront les éditeurs d’Eichendorff à son poème après en avoir émoussé la fin. Le château originel est précisément le contraire d’une demeure et c’est en partie de cette prise de conscience que tous trois naîtront à la littérature.