Salomon Maimon et l’échec de la philosophie juive moderne

Dans cet article je soutiens la thèse que Salomon Maimon est, à proprement parler, le seul philosophe juif moderne digne de ce nom. À la différence de beaucoup, je ne considère pas en effet le philosophe juif comme quelqu’un qui (a) est juif et (b) philosophe, mais je suggère plutôt que par l’expres...

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Auteur principal: Melamed, Yitzhak Y.
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Revue germanique internationale 2012
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Dans cet article je soutiens la thèse que Salomon Maimon est, à proprement parler, le seul philosophe juif moderne digne de ce nom. À la différence de beaucoup, je ne considère pas en effet le philosophe juif comme quelqu’un qui (a) est juif et (b) philosophe, mais je suggère plutôt que par l’expression « philosophie juive » nous entendons une tentative de rendre compte sur un mode bien argumenté et informé de la religion juive ainsi que des croyances et des pratiques de celle-ci. Cette exigence d’une restitution informée joue un rôle central dans mon texte. Si l’on peut soutenir en effet qu’on doit exiger d’un philosophe des mathématiques une bonne connaissance des mathématiques, de même pourrait-on attendre qu’il soit requis d’un spécialiste en philosophie juive un savoir solide de l’univers littéraire propre au monde juif. Or, à ma connaissance, tel n’a pas été le cas de la majorité des philosophes juifs modernes. Au contraire, on pourrait dire que la plupart de ces modernes, qui ont écrit sur le Wesen des Judentums, ont été de parfaits ignares en judaica ! Je mets également en évidence les deux caractéristiques de la philosophie juive moderne dont le rôle est crucial dans l’explication de son échec : (1) son intériorisation de la conception antisémite de la culture juive comme un particularisme opposé à l’universalisme chrétien, et (2) son « biblisme », c’est-à-dire son entreprise de construire une version protestante du judaïsme à l’imitation du luthéranisme allemand et, par là, de justifier l’entrée du Juif dans la noble société allemande.