De Genève à Wrocław et Auschwitz : La réception de Georg Lukács par Hans Mayer

En 1946, lors des Rencontres Internationales de Genève intitulées « L’esprit européen », Hans Mayer, dans la controverse qui opposa Georg Lukács et Maurice Merleau-Ponty, renvoya le marxisme « à sa place » en politique. Depuis sa recension en 1947 de La littérature allemande pendant l’impérialisme d...

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Prif Awdur: Peitsch, Helmut
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Revue germanique internationale 2021
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Crynodeb:En 1946, lors des Rencontres Internationales de Genève intitulées « L’esprit européen », Hans Mayer, dans la controverse qui opposa Georg Lukács et Maurice Merleau-Ponty, renvoya le marxisme « à sa place » en politique. Depuis sa recension en 1947 de La littérature allemande pendant l’impérialisme de Lukács, cependant, on observe une évolution dans les essais et discours tenus par Mayer à l’occasion des congrès internationaux d’écrivains de Berlin en 1947 et de Francfort-sur-le-Main en 1948, de même que dans ses comptes rendus au sujet du voyage organisé de Wrocław à Auschwitz dans le cadre du Congrès mondial des intellectuels pour la paix. Cette évolution repose sur l’appropriation de deux concepts centraux relevant de la philosophie de l’histoire et tirés du discours que Lukács avait tenu à Genève. Il s’agit, d’une part, de la distinction de quatre crises de l’esprit européen (la crise de la « démocratie », la crise de « l’idée du progrès », la crise de « l’idée de la raison » et la crise de l’« humanité ») et, d’autre part, de trois étapes dans l’histoire mondiale de l’idée d’égalité (l’égalité chrétienne « devant Dieu », celle « devant la loi » de la Révolution française et l’égalité socialiste, « égalité dans la vraie vie »). En 1949, l’étudiant de philosophie Hans Heinz Holz écrivit au sujet du livre de Mayer Littérature de la transition que ce dernier avait « poursuivi » « l’œuvre » de Lukács « en Allemagne » en « déployant le fil philosophique d’une nouvelle réflexion allemande sur la littérature ».