Une science universelle, ou « éminemment nationale » ? Les congrès internationaux de préhistoire (1865-1912)

Fondé en 1865 par quelques représentants d’un courant naturaliste, le Congrès international d’archéologie et d’anthropologie préhistoriques (CIAAP) a représenté une véritable arme de combat scientifique, qui a joué un rôle capital dans l’affirmation de la préhistoire – plusieurs décennies avant l’in...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
Autor principal: Kaeser, Marc-Antoine
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Revue germanique internationale 2013
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Fondé en 1865 par quelques représentants d’un courant naturaliste, le Congrès international d’archéologie et d’anthropologie préhistoriques (CIAAP) a représenté une véritable arme de combat scientifique, qui a joué un rôle capital dans l’affirmation de la préhistoire – plusieurs décennies avant l’institutionnalisation du domaine de recherche à l’échelle nationale. L’internationalisation des débats servait en effet à disqualifier les approches culturalistes de la tradition antiquaire, défendues notamment dans les pays nordiques et germaniques : par la mise en place de cadres de référence universels, il favorisait la défense et l’illustration des nouvelles méthodes d’une préhistoire évolutionniste. Pourtant, le CIAAP offrait au développement de la préhistoire un boulevard qui débouchait sur un cul-de sac ; avec le triomphe du paradigme évolutionniste et le désistement de ses principaux partisans, la recherche s’enlise dans une « science normale » désormais dépourvue de réelles aspirations cognitives. En définitive, c’est la remise en question de l’évolutionnisme dans les sciences de l’homme, au tournant du siècle, qui permettra à la préhistoire de sortir de cette impasse. Ainsi, c’est en Allemagne, par une sorte de retour aux traditions antiquaires, qu’on assistera enfin, un demi-siècle après l’institutionnalisation garantie par le CIAAP, à la consécration académique qui formait la dernière étape du processus de confirmation disciplinaire – mais sur des bases « ethnicistes » très éloignées des idéaux internationalistes des fondateurs du CIAAP.