L’ouïe à l’épreuve du goût dans la culture européenne du xviiie siècle

La question du goût en tant que faculté qui perçoit le beau concerne au xviiie siècle au premier chef le sens de l’ouïe. Cet article revient donc sur quelques questions d’importance dans toute l’Europe des Lumières : la perception auditive est-elle une affaire de sensibilité naturelle ou d’éducation...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
Auteur principal: Cussac, Hélène
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Revue germanique internationale 2018
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:La question du goût en tant que faculté qui perçoit le beau concerne au xviiie siècle au premier chef le sens de l’ouïe. Cet article revient donc sur quelques questions d’importance dans toute l’Europe des Lumières : la perception auditive est-elle une affaire de sensibilité naturelle ou d’éducation ? Quelles parts respectives fait-elle aux idées et au sentiment ? Sur quels critères la sensation conduit-elle à juger d’un beau son ? Quelles incidences sur la perception auditive peut avoir la façon des théoriciens et des philosophes d’envisager le goût ? S’il est nécessaire d’avoir « une tête harmonique » pour « saisir toutes les nuances qui nous échappent », comme l’écrit Louis-Sébastien Mercier à la fin du siècle, cela veut-il dire que l’organe serait insuffisant à faire éprouver le sentiment du beau ? Sachant que le goût de l’oreille a à voir aussi, à en croire Diderot, le penseur de la mécanique naturaliste de l’ouïe, avec la morale, comme il l’affirme dans le Salon de 1767, l’article rend compte de la complexité de la réflexion à partir d’un panorama observant la notion de plaisir transmis par le sens de l’ouïe, puis la capacité de l’organe dans la perception et le jugement de ce plaisir, enfin l’évolution des idées sur le sens de l’ouïe.