Du goût à l’ouïe : la discussion sur la métaphoricité des sens au xviiie siècle

Le goût constitue le principal catégorème esthétique du xviiie siècle. Dans ce contexte, la question de savoir dans quelle mesure la notion de goût peut être métaphorique sans perdre pour autant sa relation avec la faculté gustative s’avère cruciale. En se référant à Anne Dacier, jeune traductrice d...

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In:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
Main Author: Previšić, Boris
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Revue germanique internationale 2018
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Le goût constitue le principal catégorème esthétique du xviiie siècle. Dans ce contexte, la question de savoir dans quelle mesure la notion de goût peut être métaphorique sans perdre pour autant sa relation avec la faculté gustative s’avère cruciale. En se référant à Anne Dacier, jeune traductrice d’Aristophane, Johann Ulrich König commente les critiques suscitées par le décalage métaphorique de second degré qui résulte de la comparaison entre le goût et l’ouïe. Ses propos montrent que l’harmonie est déjà perçue comme une catégorie esthétique très construite et que l’on cherche à s’appuyer sur la pratique musicale. En effet, au lieu d’un tempérament mésotonique produisant des tierces justes, la pratique musicale recourt de plus en plus, dès la fin du xviie siècle, à un tempérament inégal. La métaphoricité secondaire du goût, à savoir la métaphorique auditive, est étroitement reliée au corps humain et devient de plus et plus pertinente comme catégorie esthétique durant le xviiie siècle – aux dépens du goût.