Gottfried Semper et le marché de la céramique au xixe siècle, ou comment l’industrie de la porcelaine a ignoré Der Stil

Cet essai replace Der Stil de Gottfried Semper dans le contexte où il a vécu, celui de la production de masse de biens de luxe. En nous centrant sur les manufactures de porcelaine du xixe siècle, une des « industries d’art » majeures de son époque, nous chercherons à expliquer pourquoi les recommand...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
Hoofdauteur: Marchand, Suzanne
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Revue germanique internationale 2018
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Omschrijving
Samenvatting:Cet essai replace Der Stil de Gottfried Semper dans le contexte où il a vécu, celui de la production de masse de biens de luxe. En nous centrant sur les manufactures de porcelaine du xixe siècle, une des « industries d’art » majeures de son époque, nous chercherons à expliquer pourquoi les recommandations formulées par Semper pour réformer l’art de la porcelaine furent à la fois profondément pertinentes et impossibles à appliquer. Contraints par les réalités économiques de l’époque post-napoléonienne à produire pour le marché plutôt que pour une clientèle aristocratique, les fabricants de porcelaine du xixe siècle eurent à adapter leur vaisselle à une clientèle de la classe moyenne, moins intéressée par le grand art que par un luxe accessible. La concurrence de marché induisit à la fois une diversification des styles et la recherche de méthodes de production moins coûteuses, des innovations condamnées par les critiques d’art (y compris Semper). Semper lui-même écrivit beaucoup sur la céramique et dessina plusieurs modèles pour les manufactures de Meissen et de Sèvres, mais ses œuvres élaborées étaient difficiles à produire, onéreuses et décalées par rapport au goût du grand public. Cet essai montre comment l’historicisme et la production de masse s’imposèrent avec nécessité à des fabricants qui auraient peut-être aimé se définir comme des artistes, mais qui auraient fait faillite s’ils avaient suivi les conseils de Semper.