Merleau-Ponty face à Husserl et Heidegger : illusions et rééquilibrages

 Il a longtemps été habituel, en France plus qu’ailleurs, de présenter Merleau-Ponty comme un philosophe avant tout imprégné de l’œuvre de Husserl et de Heidegger, traçant sa voie dans son rapport aux deux géants de la phénoménologie allemande. La relecture de l’œuvre du philosophe français à la lum...

Mô tả đầy đủ

Đã lưu trong:
Chi tiết về thư mục
Xuất bản năm:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
Tác giả chính: de Saint Aubert, Emmanuel
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: Revue germanique internationale 2011
Truy cập trực tuyến:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Miêu tả
Tóm tắt: Il a longtemps été habituel, en France plus qu’ailleurs, de présenter Merleau-Ponty comme un philosophe avant tout imprégné de l’œuvre de Husserl et de Heidegger, traçant sa voie dans son rapport aux deux géants de la phénoménologie allemande. La relecture de l’œuvre du philosophe français à la lumière de ses nombreux inédits conduit à relativiser cette représentation commune, en identifiant les illusions d’optique qui la soutenaient et les directions essentielles des rééquilibrages à opérer.Les recherches récentes dessinent ainsi progressivement la carte des influences, philosophiques ou non, mais aussi des oppositions, qui ont soutenu l’émergence et l’évolution continue de l’intention philosophique de Merleau-Ponty, dont les interlocuteurs imaginaires principaux ont de bout en bout été Sartre et Descartes. Cet environnement effectif transforme très souvent son rapport à Husserl et à Heidegger en un rapport indirect et brouillé, voire critique et expéditif – tout particulièrement à l’égard de Heidegger, que Merleau-Ponty a en réalité lu très tard.Il nous faut davantage prendre la mesure du contexte intellectuel français qui était celui d’un homme occupé par les débats de son temps, découvrir l’importance de nombre de sources allemandes et anglaises encore peu étudiées, et mieux comprendre à quel point la pensée de Merleau-Ponty entretenait un rapport étroit constant avec divers champs non-philosophiques, notamment la Gestalttheorie, la psychologie du développement et la psychanalyse. Un rapport jusqu’au bout essentiel à la formation du concept central de cette philosophie, la chair – non substituable au Leib husserlien –, comme à l’élaboration de l’ontologie que cette même conception cherchait à délivrer – dont l’analogie avec l’entreprise heideggérienne reste formelle ou métaphorique.