Mythe et colonies dans l’Allemagne de Weimar

La déconstruction de la pensée coloniale n’est pas l’apanage des voix postcoloniales contemporaines qui concentrent leurs approches sur la question de la perception de l’altérité à partir d’un contre-regard issu des ‘périphéries’ et dirigées vers ‘un centre’. Dans son dernier film Tabu, eine Geschic...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/rg,
Hlavní autor: Repussard, Catherine
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Recherches germaniques 2019
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On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:La déconstruction de la pensée coloniale n’est pas l’apanage des voix postcoloniales contemporaines qui concentrent leurs approches sur la question de la perception de l’altérité à partir d’un contre-regard issu des ‘périphéries’ et dirigées vers ‘un centre’. Dans son dernier film Tabu, eine Geschichte aus der Südsee (1931), Friedrich Wilhelm Murnau dénonce la destruction des cultures extra-européennes, en l’occurrence de la culture polynésienne, sous l’influence d’un interventionnisme politique, économique et culturel européen. Mais il insiste également sur la propension des « culturenatures » (Donna Haraway) à générer leur propre destruction. Toute tentative d’émancipation, illustrée par l’amour interdit qu’un jeune pêcheur de perles Matahi porte à une splendide jeune fille, Réri, brise en effet l’immuable tabou dicté par le prêtre Hitu, représentant de la Tradition (et assassin de Matahi) et ne peut que mener à la mort. Ainsi, le film de Murnau, se situant entre documentaire et fiction expressionniste, met-il parfaitement en scène le rejet de la modernité occidentale tout en interrogeant l’idée de retour aux origines. Ce questionnement confère à Tabu une force particulière, notamment dans le contexte politique de l’Allemagne des années 1930.