La société multiculturelle selon Jürgen Habermas (II)
Le modèle multiculturaliste de type « libéral » de Habermas, préconisant une « intégration de l’autre dans son altérité et à droits égaux », mais en exigeant de lui une « acculturation » à la « culture politique commune » du pays d’accueil, se heurte à de nombreux contradicteurs. En Allemagne même,...
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| In: | URI:https://journals.openedition.org/rg, |
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| Main Author: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
Recherches germaniques
2019
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| Subjects: | |
| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Le modèle multiculturaliste de type « libéral » de Habermas, préconisant une « intégration de l’autre dans son altérité et à droits égaux », mais en exigeant de lui une « acculturation » à la « culture politique commune » du pays d’accueil, se heurte à de nombreux contradicteurs. En Allemagne même, Habermas apparaît à contre-courant de la politique d’immigration de la RFA qui continue à se référer au « droit du sang » pour freiner l’immigration, et s’oppose également aux intellectuels néo-conservateurs sur le principe de l’universalité des droits de l’homme. Au niveau international, Habermas se fait l’écho de la controverse qui s’annonce à la Conférence de Vienne (1993), où les gouvernants du Sud-Est asiatique, défenseurs des « valeurs asiatiques » déclarent leur opposition aux « normes occidentales ». Face à cette situation d’affrontement culturel (Konflikte der Kulturen), Habermas opère un changement de paradigme : après avoir défendu une conception linéaire – évolutive des cultures, laissant entrevoir pour les cultures non occidentales un accès progressif à la culture occidentalo-européenne moderne – et préconisé en conséquence « l’acculturation » des immigrés à la « culture politique commune » –, il tourne maintenant le dos à l’« ethnocentrisme occidental » et s’engage, avec le texte capital de 1997 (Der interkulturelle Diskurs der Menschenrechte), en faveur d’une « lutte pour la reconnaissance » des cultures non occidentales – asiatiques et arabo-musulmanes –, en vue d’aboutir avec elles à une « entente interculturelle ». Ces « autres cultures » sont censées trouver un accès à la modernité qui leur est propre, des « formes alternatives de modernité », « équivalentes aux solutions européennes », ouvrant ainsi la voie à la nouvelle formulation habermassienne, empruntée à la philosophie anglo-saxonne, des « multiple modernities ». C’est la nouvelle version de son multiculturalisme, que Habermas inscrit désormais dans l’interculturalité, et qui est devenue indissociable de la communication et du dialogue entre les cultures. |
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