Les associations de parents d’élèves en France : approche socio-historique et mutations idéologiques
Depuis une vingtaine d’années, on observe une inflation croissante des termes utilisés pour décrire l’attitude des parents face à l’école. Consommateurs d’école, démissionnaires, irresponsables, etc. Outre l’intérêt que suscite aujourd’hui la question des parents d’élèves, cette surenchère rhétoriqu...
Na minha lista:
| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/rfp, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Revue française de pédagogie
2012
|
| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Depuis une vingtaine d’années, on observe une inflation croissante des termes utilisés pour décrire l’attitude des parents face à l’école. Consommateurs d’école, démissionnaires, irresponsables, etc. Outre l’intérêt que suscite aujourd’hui la question des parents d’élèves, cette surenchère rhétorique traduit bien la difficulté à penser et interpréter la relation entre les familles et l’école. Plus précisément peut-on supposer que cette confusion s’explique en partie par l’originalité du cas français. À cet égard, il est significatif que les comportements « stratégiques » des parents d’élèves suscitent autant de désapprobation, voire de condamnation, dans un pays où ils occupent une place marginale dans le système scolaire comparé à d’autres contextes nationaux (États-Unis, Grande-Bretagne). Il faudra en effet attendre la fin des années soixante pour que les parents obtiennent une reconnaissance officielle de leur représentation dans les collèges et lycées. S’il est ainsi difficile d’analyser les liens entre les familles et l’école en France, c’est qu’il existe un ensemble de particularités historiques qui a durablement rendu cette situation problématique, voire improbable. Or, nous nous trouvons aujourd’hui dans une configuration différente dans la mesure où l’on assiste à un mouvement inverse et inédit. Autrefois tenus à l’écart de l’institution scolaire, les parents sont aujourd’hui unanimement reconnus comme des « partenaires » (loi d’orientation de 1989). C’est dans ce contexte qu’il paraît opportun de questionner l’évolution des associations de parents d’élèves en France. Cet article se propose de retracer les différentes étapes de l’émergence de ce champ de l’action collective à travers une approche socio-historique1. |
|---|