Sociologie et didactiques : traverser les frontières
L’intérêt de rapprocher sociologie et didactiques est de plus en plus évident aux yeux des observateurs de l’éducation. D’une part, la sociologie ne peut saisir la contribution de l’école aux inégalités sociales sans entrer dans les mécanismes par lesquels les apprentissages se différencient, notamm...
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| Yayımlandı: | URI:https://journals.openedition.org/rfp, |
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| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
Revue française de pédagogie
2015
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| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | L’intérêt de rapprocher sociologie et didactiques est de plus en plus évident aux yeux des observateurs de l’éducation. D’une part, la sociologie ne peut saisir la contribution de l’école aux inégalités sociales sans entrer dans les mécanismes par lesquels les apprentissages se différencient, notamment entre élèves issus des divers groupes sociaux. De leur côté, les didactiques ne peuvent continuer à travailler leurs modèles en se figurant un élève « universel » et dont le rapport au savoir répond aux attentes des enseignants et aux implicites contenus dans les programmes. Le présent dossier, partiellement tiré d’un colloque international tenu à la Haute école pédagogique de Lausanne en 2012, examine les possibilités de rapprochement entre les deux domaines d’études et les contraintes que cela suppose. Il présente les contributions de deux didacticiennes des mathématiques, d’un sociologue des curricula et de deux binômes sociologue/didacticien. Ces contributions sont des examens « en acte » des possibilités de rapprochement. Claire Margolinas considère, à partir de l’apprentissage de l’énumération, qu’il y a possibilité d’une intégration conceptuelle sans rupture entre sociologie et didactique. En revanche, les travaux des deux binômes (Patrick Rayou et Gérard Sensevy d’une part, Sylvain Broccolichi et Éric Roditi d’autre part) présentent une division du travail conceptuel. Dans un autre type de démarche, Aurélie Chesnais, en tant que didacticienne et à partir d’un cas concret, et François Baluteau, en tant que sociologue et à partir d’une revue de littérature, montrent que l’on peut isoler analytiquement les effets didactiques (effets des choix des méthodes d’enseignement) des effets sociaux (effets des publics sur les méthodes d’enseignement). Ceci ouvre tout un champ de recherche à la collaboration entre sociologie et didactiques. The benefit of connecting sociology and didactics is increasingly evident to education observers. On one hand, sociology cannot understand the contribution of school to social inequalities without dealing with the mechanisms of differential learning, especially between pupils from different social groups. In turn, didactics cannot keep working with models that envisage a “universal” pupil whose relationship to knowledge fulfils teachers’ expectations and the tacit content of programmes. The present issue, partially drawn from an international conference held at the Haute école pédagogique (Teacher Training College) of Lausanne in 2012, examines the possibilities of connecting the two areas of studies and the constraints this implies. It presents the contributions of two mathematics didacticians, a curricula sociologist and two sociologist/didactician duos. Those contributions are “in action” assessments of the possibilities of connection. Claire Margolinas argues that, based on the learning of enumeration, sociology and didactics can be seamlessly integrated conceptually. In contrast, the studies of the two duos (Patrick Rayou and Gérard Sensevy on one hand, Sylvain Broccolichi and Eric Roditi on the other hand) show a conceptual division of work. Following another approach, Aurélie Chesnais, as a didactician and based on a case study, and François Baluteau, as a sociologist and based on a literature review, illustrate that it is possible to analytically isolate didactic effects (effects of didactic choices) from social effects (effects of the school mix on teaching methods). This opens a wide field of research into sociology and didactics working together. |
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