Retour sur les (dés)engagements enseignants

Les enseignant·es en tant que groupe professionnel font l’objet d’une attention soutenue tant scientifique que politique et médiatique dans la société française. Parmi les discours à leur égard, celui d’une « crise des vocations » fait florès depuis (au moins) une vingtaine d’années et justifie tout...

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In:URI:https://journals.openedition.org/rfp,
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Revue française de pédagogie 2024
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Les enseignant·es en tant que groupe professionnel font l’objet d’une attention soutenue tant scientifique que politique et médiatique dans la société française. Parmi les discours à leur égard, celui d’une « crise des vocations » fait florès depuis (au moins) une vingtaine d’années et justifie toute une série de réformes qui sont paradoxalement peut-être davantage la cause que le remède au problème public ainsi construit. Ce dossier propose ainsi de s’arrêter sur cette notion d’engagement ou désengagement enseignant en distinguant les différentes dimensions en jeu – professionnelle, militante, mais aussi familiale et politique –, tout en articulant les échelles individuelle et collective. Dans une perspective socio-historique, ce dossier propose ainsi d’analyser sous différents angles l’évolution des rapports au métier des enseignant·es au regard des transformations sociales et institutionnelles auxquelles elles et ils font face. Les contributions qu’il réunit abordent ainsi respectivement la question de la reconnaissance et de la procéduralisation dont elle fait l’objet de la part de l’administration, les expérimentations pédagogiques et leur récupération managériale à partir d’une étude de cas, la valorisation inégale et confuse des engagements professionnels de la part de l’Éducation nationale ou encore les épreuves occasionnées par les injonctions contradictoires de cette dernière au moment de l’entrée dans le métier. Teachers as a professional group are the subject of sustained scientific, political and media attention in French society. For the last twenty years (at least), there has been much talk of a “vocational crisis” among teachers, justifying a whole series of reforms which, paradoxically, are perhaps more the cause than the cure of the public problem they have created. This special issue looks at the notion of teacher engagement or disengagement, distinguishing between the different dimensions involved – professional, militant, family and political – and linking the individual and collective levels. From a socio-historical perspective, this issue proposes to analyse from different angles the changing relationship between teachers and their profession in the light of the social and institutional transformations they are facing. The contributions deal respectively with the question of recognition and the proceduralisation of this recognition by the administration, the pedagogical experimentations and their managerial recuperation, based on a case study, the uneven and confused valorisation of professional commitments by the Ministry of National Education, and the ordeals caused by the latter's contradictory injunctions when new teachers enter the profession.