Visibilités sikhe et musulmane au Royaume-Uni : tentative de comparaison
Au cours de la décennie passée (émeutes interethniques dans le Nord et les Midlands, attentats du 11 septembre et du 7 juillet 2005), le débat politique, universitaire et médiatique sur le multiculturalisme en tant que mode d’incorporation s’est focalisé de manière quasi exclusive (voire, obsessionn...
Guardat en:
| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/rfcb, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Revue française de civilisation britannique
2016
|
| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Au cours de la décennie passée (émeutes interethniques dans le Nord et les Midlands, attentats du 11 septembre et du 7 juillet 2005), le débat politique, universitaire et médiatique sur le multiculturalisme en tant que mode d’incorporation s’est focalisé de manière quasi exclusive (voire, obsessionnelle) sur la place de l’Islam et des musulmans dans la société britannique. A cet égard, le discours prononcé à Munich par David Cameron le 5 février 2011, si abondamment commenté, illustre l’ampleur de cette fixation, mais également sa permanence depuis les attentats du 11 septembre, voire depuis l’affaire Rushdie. En effet, l’irruption de la « communauté musulmane » sur le devant de la scène politico-médiatique britannique à la fin des années 1980 suite à la publication des Versets Sataniques tend à occulter la mobilisation coordonnée et constante des Sikhs du Royaume-Uni au cours des cinquante dernières années. Ils devancèrent largement les musulmans et les autres groupes minoritaires issus de l’immigration dans la formulation des demandes de reconnaissance culturelle.Dix ans après les débuts de la remise en cause du « consensus multiculturel » né des émeutes des années 1980, il semble opportun de s’interroger sur deux stratégies distinctes de la visibilité, afin d’en identifier points de divergence et de convergence.Cet article s’articulera autour de deux grandes parties. La première dressera un historique de leur présence au Royaume-Uni et s’intéressera aux prémices des visibilités musulmane et sikhe outre-manche, notamment par le biais des aspects cultuels. La deuxième tentera de mettre en parallèle les modalités de structuration communautaire et de demande de reconnaissance publique de ces deux groupes, y compris dans un contexte de profonde remise en cause apparente du multiculturalisme. |
|---|