La diplomatie botanique : don, troc et échange d’objets végétaux au XIXe siècle
« Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches », écrivait Paul Verlaine en 1874. Discursivement et concrètement, les végétaux occupent une place de choix dans les pratiques quotidiennes de don. Au plan politique, de nombreux exemples témoignent de l’usage fréquent d’objets végétaux co...
Sparad:
| I publikationen: | URI:https://journals.openedition.org/rfcb, |
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| Huvudupphovsmän: | , |
| Materialtyp: | Article ou chapitre numérique |
| Språk: | Français |
| Publicerad: |
Revue française de civilisation britannique
2024
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| Ämnen: | |
| Länkar: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sammanfattning: | « Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches », écrivait Paul Verlaine en 1874. Discursivement et concrètement, les végétaux occupent une place de choix dans les pratiques quotidiennes de don. Au plan politique, de nombreux exemples témoignent de l’usage fréquent d’objets végétaux comme cadeaux diplomatiques. Au cours du long XIXe siècle, les circulations de plantes vivantes, de graines et de spécimens sont nombreuses et massives à l’intérieur des empires européens et entre ces derniers. Ces transactions se situent le plus souvent hors du domaine monnayable, ressortissant plutôt au troc et au don. Produits dans les institutions économiquement centrales que sont alors les jardins botaniques, les objets végétaux, artefacts fragiles dont la valeur souvent incertaine relève à la fois du symbolique et de l’économique, se trouvent au cœur d’un ensemble de liens complexes entre les sphères savante, marchande et politique. Ils témoignent de l’ambiguïté des relations scientifiques inter-impériales, marquées par une tension constante entre la coopération et la rivalité. Le cas des dons réalisés dans les années 1820 par le botaniste Nathaniel Wallich (1785-1854) à partir des collections du jardin botanique de Calcutta illustre les tensions et les difficultés liées à l’usage d’objets végétaux comme monnaie d’échange contribuant à la constitution d’un capital symbolique. Cette étude poursuit ainsi la recherche sur la « diplomatie fragile » que constitue la circulation non monnayée d’objets convoités dont la valeur est soumise à d’imprévisibles fluctuations. |
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