Un espace « social total »

Il existe, en Mongolie, un objet remarquable pour penser l’articulation entre patrimoine, identité, espace national et règles de pouvoir : le couvre-chef. Remarquable parce qu’il réalise une véritable fusion entre ces différents niveaux de représentations et révèle la manière dont les hommes médiati...

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التفاصيل البيبلوغرافية
الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/revss,
المؤلفون الرئيسيون: Bianquis, Isabelle, Dulam, Sendenjav
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Revue des sciences sociales 2022
الموضوعات:
الوصول للمادة أونلاين:Accès Université d'Orléans et IFPM
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الوصف
الملخص:Il existe, en Mongolie, un objet remarquable pour penser l’articulation entre patrimoine, identité, espace national et règles de pouvoir : le couvre-chef. Remarquable parce qu’il réalise une véritable fusion entre ces différents niveaux de représentations et révèle la manière dont les hommes médiatisent leur rapport aux lieux et justifient les règles d’autorité. L’analogie opérée entre le chapeau, la tête et l’État fait de cet élément du costume un outil patrimonial essentiel pour penser le territoire national, son intégrité, sa souveraineté, sa légitimité. Nous décrirons dans cet article le cadre de ce système qui autorise la mise sur un même plan d’éléments appartenant à des univers différents. Ainsi apparaît une relation d’équivalence entre le couvre-chef individuel et le corps humain, le chef de famille et la famille, le chef de l’État et la nation ; un passage du matériel au symbolique, du singulier au général, du corps privé à l’espace public. Les pratiques quotidiennes sont imprégnées d’un respect voué à la tête, une exigence de comportement qui enchâsse tous les objets mis en correspondance avec « le dessus » ; une même chaîne sémantique lie la partie supérieure (deež) d’un plat, la tête, la yourte, le chapeau, l’étendard et l’État.