De l’hexagone au bled, un aristo, un anar : des écrivains français anticolonialistes ?
Né en 1895 à Paris, Henry de Montherlant (HM) est issu d’une famille aristocratique huppée. Albert Camus (AC), né dans l’est algérien en 1913, est, pour parler comme les historiens anglo-saxons, un creole d’origine pauvre. Ce surdoué, passionné de théâtre, communiste en 1935-36, journaliste de terra...
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| প্রকাশিত: | URI:https://journals.openedition.org/revss, |
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| প্রধান লেখক: | |
| বিন্যাস: | Article ou chapitre numérique |
| ভাষা: | Français |
| প্রকাশিত: |
Revue des sciences sociales
2019
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| অনলাইন ব্যবহার করুন: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| সংক্ষিপ্ত: | Né en 1895 à Paris, Henry de Montherlant (HM) est issu d’une famille aristocratique huppée. Albert Camus (AC), né dans l’est algérien en 1913, est, pour parler comme les historiens anglo-saxons, un creole d’origine pauvre. Ce surdoué, passionné de théâtre, communiste en 1935-36, journaliste de terrain célèbre pour ses articles de 1939 sur « La misère de la Kabylie », fut un humaniste révulsé par la misère des « muets », tant creoles qu’« arabes ». De 1925 à 1936, HM entreprend un périple méditerranéo-maghrébin, à la recherche de son Olympe sabré par le monde de l’argent et des affaires. Ne débouchèrent jamais sur un engagement politique ses décapante analyses du système colonial français, qu’on trouve notamment dans son roman La Rose de Sable, écrit à Alger en 1930-1932 – il ne fut publié in extenso qu’en 1967 : il s’y était refusé à un moment où le fascisme et le nazisme menaçaient sa patrie.Résistant engagé dans le mouvement Combat, Camus, devenu écrivain célèbre, se dressa après guerre contre le marxisme et contre Sartre. Dans ses articles parus tant dans les journaux anarchistes que dans la grande presse, cet observateur critique est tiré à hue et à dia entre les creoles et les « Arabes » : il renvoya dos à dos les violences du FLN et de la répression française. Nombre d’autres écrivains et intellectuels français d’Algérie prirent parti pour des négociations avec le FLN et l’indépendance de l’Algérie. Un Alain Savary – né à Alger en 1918 –, ministre de Guy Mollet, misa sur la conférence intermaghrébine de Tunis – elle avorta du fait du détournement, le 22 octobre 1956, de l’avion des quatre chefs historiques du FLN qui se rendaient de Rabat à Tunis. Savary démissionna, et l’Algérie s’enfonça sans retour dans la guerre.On ne sache pas qu’AC se soit beaucoup ému de cet épisode crucial. Tenant la lutte pour l’indépendance pour une « formule purement passionnelle », il imaginait qu’une fédération conclue à l’amiable dans le cadre français entre les deux communautés, creole et « arabe », pourrait aboutir à la paix. Quant à HM, qui refusa de s’engager durant la deuxième guerre mondiale, il fut une manière d’anticolonialiste in petto. Mais le terme d’« anticolonialistes » a été récusé par des historiens. HM voyait les choses de l’extérieur quand AC garda un pied dans la glaise, dans un désert de désespoir, rivé à la séduction de l’impossible, jusqu’à sa mort accidentelle en voiture, début 1960 : dénouement tragique d’une révolte sans objet de l’homme absurde ? De son côté, devenu accidentellement presque aveugle, Montherlant se suicida à 77 ans, en 1972.Au total, sans avoir été des anticolonialistes militants, même si des convergences existèrent entre eux, il semble que l’aristo parisien HM ait plutôt mieux perçu la situation coloniale que le creole anar AC. Mais tous deux restèrent dans un entre-deux inquiet qui fut le lot de bien d’autres de leurs contemporains. |
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