Le Bad-boy n’a pas peur d’avoir mal
À partir d’une enquête de terrain réalisé à Tunis sur les logiques des scarifications chez des adolescents, cet article propose de démontrer comment celles-ci seraient soumises, chez les garçons, à la performativité du genre (Butler, 2006). Dans la littérature scientifique, la question du genre renv...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/revss, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Revue des sciences sociales
2019
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | À partir d’une enquête de terrain réalisé à Tunis sur les logiques des scarifications chez des adolescents, cet article propose de démontrer comment celles-ci seraient soumises, chez les garçons, à la performativité du genre (Butler, 2006). Dans la littérature scientifique, la question du genre renvoie davantage à la condition des femmes et des filles. Or, les comportements des garçons sont tout aussi imprégnés par les stéréotypes et les idéaux de l’identité masculine propres à une culture donnée et dans un contexte précis. Les blessures auto-infligées sont ici investies par des jeunes hommes vivant dans des conditions de précarité sociale et symbolique éprouvantes afin de se dessiner une image d’homme inflexible qui « n’a pas peur d’avoir mal ». En dépit du risque de stigmatisation sociale inhérente à la figure de celui qui se coupe, les adolescents revendiquent la stature du « mauvais garçon » afin de s’éprouver en tant qu’homme. L’apprivoisement de la douleur constitue la preuve d’une virilité mise à mal par un entourage hostile ou des événements accablants. La douleur est ici utilisée comme un écran contre les blessures de la virilité dans une société hautement androcentrique. |
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