Les ambivalences de la prise de parole des résistant·e·s revenant·e·s

Quid de la souffrance des résistant·e·s, notamment celles et ceux engagé·e·s dès juin 1940 et sorti·e·s de la clandestinité en 1945, sans être passé·e·s par l’arrestation ou la déportation ? Tout se passe comme si ces dernier·ère·s étaient sorti·e·s indemnes d’un contexte où pourtant, comme leurs ai...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/revss,
Autor principal: Federini, Fabienne
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Revue des sciences sociales 2025
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Quid de la souffrance des résistant·e·s, notamment celles et ceux engagé·e·s dès juin 1940 et sorti·e·s de la clandestinité en 1945, sans être passé·e·s par l’arrestation ou la déportation ? Tout se passe comme si ces dernier·ère·s étaient sorti·e·s indemnes d’un contexte où pourtant, comme leurs ainé·e·s de la Grande Guerre, ils et elles ont été exposé·e·s à un danger vital quasi permanent et, surtout, obligé·e·s d’effectuer cet acte essentiel à toute guerre : tuer autrui. Or, leurs témoignages, quelle que soit l’époque où ils ont été écrits, font très peu état de ce qu’ils et elles ont été contraint·e·s de faire. Pourquoi écrire alors ? Sans doute pour s’acquitter d’une dette de la survie que chacun·e estime avoir contractée à l’égard de ses camarades mort·e·s au combat. Rendre hommage à ces dernier·ère·s permet ainsi de faire silence sur sa propre détresse, et notamment sur les effets durables produits par le combat clandestin, alors que plusieurs indices montrent que cet engagement volontaire constitue bien plus qu’un simple épisode dans le parcours de vie, qu’il s’accompagne ou non de traumatismes physiques ou psychiques. Il présente plutôt les caractères d’une expérience socialisatrice, tant il a modifié, voire pour certain·e·s, transformé leur point de vue sur le monde.