Mettre sa souffrance en récit

Depuis le « tournant narratif » des années 1980, les sciences humaines et sociales ont accordé une place croissante aux récits individuels, comme autant de points de vue qui permettent d’enrichir la compréhension des expériences humaines et de la réalité sociale. Longtemps considéré avec méfiance, l...

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Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/revss,
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Revue des sciences sociales 2025
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Depuis le « tournant narratif » des années 1980, les sciences humaines et sociales ont accordé une place croissante aux récits individuels, comme autant de points de vue qui permettent d’enrichir la compréhension des expériences humaines et de la réalité sociale. Longtemps considéré avec méfiance, le « sujet » gagne une place centrale, et le domaine de la santé n’est pas en marge de ces évolutions. S’il est aujourd’hui communément admis que l’on peut produire de la connaissance à partir de récits à la première personne, il est néanmoins toujours indispensable de réfléchir à la façon dont ces narrations sont construites, à ce qu’elles mettent en lumière et laissent dans l’ombre. Ce numéro, coordonné par Jadwiga Bodzińska-Bobkowska et Camille Lancelevée, interroge les modalités de cette mise en récit, en mettant en miroir analyse littéraire et sciences sociales pour réfléchir à la production de récits individuels susceptibles d’éclairer autrement l’expérience de la maladie et de la souffrance. L’œuvre artistique de Nathalie Menant, Mues, illustre d’autres manières de faire parler des corps « indicibles » en interrogeant ce qu’ils laissent comme empreinte, ce qu’ils disent et taisent, et ce que leur mise en scène permet de reconstruire. Le comité éditorial