L’analyse stratégique en perspective
L’œuvre de Michel Crozier marque un tournant dans la sociologie française du travail des années 1960 et 1970. Jusqu’alors centrée sur les effets pervers du taylorisme ou influencée par l’idée marxiste de la lutte de classes, la sociologie du travail avait négligé l’étude des organisations comme ense...
Saved in:
| In: | URI:https://journals.openedition.org/ress, |
|---|---|
| Main Author: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
Revue européenne des sciences sociales
2012
|
| Subjects: | |
| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | L’œuvre de Michel Crozier marque un tournant dans la sociologie française du travail des années 1960 et 1970. Jusqu’alors centrée sur les effets pervers du taylorisme ou influencée par l’idée marxiste de la lutte de classes, la sociologie du travail avait négligé l’étude des organisations comme ensembles de situations où les acteurs s’affrontent en déployant des relations de pouvoir. Crozier observe d’un point de vue micro-social comment les individus construisent des régulations durables qui font système. Nous reviendrons tout d’abord sur le cas paradigmatique du Monopole français des tabacs étudié par Crozier dans Le Phénomène bureaucratique (1963), puis sur les concepts mobilisés par lui à cette occasion et par la suite. On s’intéressera particulièrement à l’ouvrage qu’il publia avec Erhard Friedberg en 1977, où la sociologie des organisations est élevée au rang de sociologie générale de l’action organisée. Cette théorie fit l’objet de nombreuses critiques qui en récusèrent notamment les conceptions trop restrictives de l’action et du pouvoir. |
|---|