L’émergence d’une forme de nanopunk au Japon : Gunnm (Ganmu 銃夢) de Kishiro Yukito

Cet article examine, à travers le manga Gunnm (Ganmu) de Kishiro Yukito (1991-95), la façon dont la science-fiction japonaise s’est emparée très rapidement de l’imaginaire nanotechnologique en y introduisant très tôt les premiers éléments emblématiques. Ganmu est en effet l’une des premières oeuvres...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/resf,
Autor principal: Taillandier, Denis
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: ReS Futurae 2017
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Cet article examine, à travers le manga Gunnm (Ganmu) de Kishiro Yukito (1991-95), la façon dont la science-fiction japonaise s’est emparée très rapidement de l’imaginaire nanotechnologique en y introduisant très tôt les premiers éléments emblématiques. Ganmu est en effet l’une des premières oeuvres de science-fiction à mettre en scène les nanomachines imaginées par Eric Drexler (1986) et à illustrer de manière critique le rêve de contrôle ultime de la matière. Après une présentation des liens qu’entretiennent nanotechnologies et science-fiction et des notes techniques à partir desquelles le mangaka tisse le récit du développement des technologies de l’amélioration humaine, l’article s’attache à révéler, grâce à la sémiotique et au carré de Greimas, la structure symbolique du manga. Ganmu s’articule autour de deux polarités formées de concepts aux contours élastiques : le naturel et l’artificiel, d’une part ; et le matériel et l’immatériel, d’autre part. La question essentielle que pose donc le manga n’est autre que celle de la définition de l’humain dans un monde modifié par les technosciences. Kishiro tente d’y répondre en s’inspirant d’une éthique de la perfectibilité : l’humain ne se définit ni par sa physiologie, ni par sa conscience ou sa raison mais par son libre arbitre, ses actions et la responsabilité qui les accompagne. Si la conclusion de la première série semble toutefois atténuer les perspectives ouvertes par la figure du cyborg, Kishiro les élargit à nouveau à travers le dénouement, pourtant presque similaire, de la seconde série, Gunnm LastOrder (Ganmu LastOrder).