Le refus du monde tel qu’il est : vertus et ambivalences de quelques fictions contemporaines (Peyrebonne, Haenel, Vasset)

Trois romans français parus récemment envisagent la réalité contemporaine, dans ses dimensions sociales, économiques et politiques, sur un mode contrefactuel : Philippe Vasset, La Conjuration (Fayard, 2013), Yannick Haenel, Les Renards pâles (Gallimard, 2013), Nathalie Peyrebonne, Rêve général (Phéb...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/resf,
Auteur principal: Mougin, Pascal
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: ReS Futurae 2016
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Trois romans français parus récemment envisagent la réalité contemporaine, dans ses dimensions sociales, économiques et politiques, sur un mode contrefactuel : Philippe Vasset, La Conjuration (Fayard, 2013), Yannick Haenel, Les Renards pâles (Gallimard, 2013), Nathalie Peyrebonne, Rêve général (Phébus, 2013). Ces trois fictions de la sécession, du basculement dissident, autrement dit du refus collectif du monde tel qu’il est, radicalisent, extrapolent ou transfigurent les autres formes actuelles de la contestation. En quoi ce corpus retravaille les notions d’étrangeté, de fantastique et d’utopie ? En quoi ces fictions alternatives impliquent, de la part du lecteur, peut-être moins la traditionnelle suspension temporaire d’incrédulité qu’un « vouloir croire » qui n’est pas sans évoquer l’évolution de la pensée critique elle-même, quand les théories de l’émancipation, revenues de toute certitude concernant l’inéluctabilité révolutionnaire, parient davantage sur la nécessité de la croyance dans leur entreprise de pensée alternative ? En quoi, enfin, ces fictions peuvent-elle contribuer en retour à l’activité critique et aux pratiques dissidentes ? Faut-il croire, avec Yves Citton, « en la puissance imprévisible de l’infinitésimal » ou au contraire, avec Fredric Jameson, que « la production artistique brandie comme modèle utopique d’une vie sociale alternative est elle-même un livre clos » à l’intérieur d’un système économique et culturel globalisé ? Il faut à coup sûr pointer l’ambivalence de ces contre-fictions du présent, optimistes et mobilisatrices d’un côté, substitutives et désespérées, voire opportunistes et complaisantes, de l’autre.