Les Méta-Barons, des cyborgs subversifs ?

Depuis quelques années, on observe une collusion grandissante entre récits de science-fiction et récits scientifiques, notamment avec l’essor du transhumanisme, mouvement prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales humaines. Ces discours...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/resf,
Autor Principal: Cascarino, Adrien
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: ReS Futurae 2019
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Depuis quelques années, on observe une collusion grandissante entre récits de science-fiction et récits scientifiques, notamment avec l’essor du transhumanisme, mouvement prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales humaines. Ces discours sont souvent critiqués comme basculant du côté de l’hubris, de la haine du corps ou encore du refus de la mort et de la finitude. Dans ce contexte, quelles représentations des corps transhumains propose la bande dessinée francophone ? S’agit-il de représentations de corps « augmentés », divins et sans limites ? Ou bien ces représentions visent-elles au contraire à dénoncer une hubris sous-jacente à ce désir d’augmentation ?Pour répondre à cette question, cet article se concentre sur la représentation des corps transhumains dans La Caste des Méta-Barons, série de bande dessinée de 8 tomes scénarisée par Alejandro Jodorowsky, dessinée par Juan Gimenez et publiée entre 1992 et 2003.L’étude de cette bande dessinée, contemporaine des débuts du mouvement transhumaniste, mais surtout de l’émergence d’une figure ambivalente du cyborg (Haraway, 1984), permet de mettre en exergue une certaine représentation du corps posthumain, qui pré-date les développements actuels sur la question.À travers l’étude de la structure narrative et graphique de ces albums, cet article montre que contrairement aux apparences, les corps transhumains des méta-barons, tout autant cyborgs qu’hybrides, s’éloignent de l’idéal d’un corps divin et tout-puissant et au contraire brouillent la frontière entre corps augmenté et corps handicapé, montrant que toute modification corporelle s’accompagne d’une perte, l’accès à un corps réellement augmenté passant alors par l’acceptation de cette perte.