Langues et langages du merveilleux dans L’Enjomineur : enjeux poétiques, historiques et narratifs

Étudier la langue dans l’Enjomineur, dans son rapport au merveilleux, permet de mieux saisir les caractéristiques poétiques de la fantasy historique, de rendre compte de la conception de la Révolution et des passions humaines pour Pierre Bordage, et de comprendre la nature des relations mises en scè...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/resf,
Autor Principal: Pavlevski-Malingre, Joanna
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: ReS Futurae 2019
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Étudier la langue dans l’Enjomineur, dans son rapport au merveilleux, permet de mieux saisir les caractéristiques poétiques de la fantasy historique, de rendre compte de la conception de la Révolution et des passions humaines pour Pierre Bordage, et de comprendre la nature des relations mises en scène dans ces romans entre monde des hommes et Autre monde. L’ancrage historique du récit semble exclure l’insertion de langues, de mots inventés, et impliquer un recours à d’autres stratégies sémiotiques pour introduire le merveilleux. Pierre Bordage insère donc dans la langue française des mots étrangers ou marginaux qu’il resémantise, et mobilise des figures d’analogie pour exprimer le caractère ineffable de l’Autre monde. Plusieurs communautés linguistiques, qui correspondent à des communautés politiques et religieuses, s’opposent dans le roman : les Vendéens et leur patois, les partisans de Mithra et leur français ampoulé. En faisant entendre ces voix contradictoires, Pierre Bordage insiste sur les clivages qui ont présidé à l’établissement de la République. Mais au-delà de tous ces clivages, ces différentes langues sont associées à une mise en question de la langue humaine, qui échoue à dire l’essence des êtres. La langue du silence des créatures de l’Autre monde, qui perçoivent la langue des hommes comme une violence sonore reflétant le déchaînement des passions humaines, condamne en creux la Révolution et la Terreur qui en constituent des manifestations exacerbées.