« KOMM, KÜSS MICH COMPUTER / KOMM, PROGRAMMIERE MICH »

Le présent article envisage la question de l’ordinateur comme objet érotique dans la littérature allemande actuelle. Cette figure de l’ordinateur désiré est en effet fréquente en littérature, et s’exprime tout d’abord dans la nouvelle Eine wahnsinnige Liebe, de Gert Loschütz (1984), où le personnage...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/resf,
Autor Principal: Dupont, Bruno
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: ReS Futurae 2017
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Le présent article envisage la question de l’ordinateur comme objet érotique dans la littérature allemande actuelle. Cette figure de l’ordinateur désiré est en effet fréquente en littérature, et s’exprime tout d’abord dans la nouvelle Eine wahnsinnige Liebe, de Gert Loschütz (1984), où le personnage principal travestit son ordinateur en femme pour vivre une histoire d’amour avec lui. Die Frau, für die ich den Computer erfand, de F. C. Delius (2009), retrace la romance imaginaire entre Konrad Zuse, inventeur de l’ancêtre de l’ordinateur, et sa représentation fantasmée de la mathématicienne Ada Lovelace. Enfin, world wide web-slums, du dramaturge René Pollesch (à partir de 2001), dépeint une dystopie où les humains se voient affublés d’ordinateurs corporels et entrent dès lors dans le transhumanisme. Aucune des relations dépeintes n’est pleinement satisfaisante. Chez Loschütz, la folie amoureuse du personnage l’exclut de la vie sociale, et sa tendance anthropomorphe (Sherry Turkle, 1980) nie la particularité de la machine ; le Zuse de Delius compte sur la médiation d’Ada pour vivre son amour pour ses machines, mais cet amour reste imaginaire et ne se réalise pas sexuellement. Cette réalisation a lieu chez Pollesch, mais sa mécanisation due aux augments électroniques des personnages en fait une désillusion, une sexualité mécanomorphe (Caporeal, 1986) déshumanisée et sans contexte érotique.