Être et l'autre. Démonter la façade de la machine à empathie

Lisa Messeri a mené une enquête ethnographique sur la communauté autour de la réalité virtuelle (VR) à Los Angeles (LA) de janvier à décembre 2018. Elle en a tiré un ouvrage paru en 2025 aux presses de Duke University intitulé In the land of the unreal. Virtual and other realities in Los Angeles. Ce...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/reset,
Autor Principal: Messeri, Lisa
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: RESET 2026
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Lisa Messeri a mené une enquête ethnographique sur la communauté autour de la réalité virtuelle (VR) à Los Angeles (LA) de janvier à décembre 2018. Elle en a tiré un ouvrage paru en 2025 aux presses de Duke University intitulé In the land of the unreal. Virtual and other realities in Los Angeles. Cet ouvrage est structuré en trois parties qui correspondent aux “fantasmes” animant cette communauté : le lieu, l’être et la représentation. Nous avons fait le choix de traduire le quatrième chapitre qui inaugure la deuxième partie sur le “fantasme d’être”. Ce chapitre retrace l’évolution d’une technologie qui passe de la promesse de pouvoir libérer les utilisateurs de leur enveloppe corporelle, dans les années 1980 et 1990, au fantasme de leur permettre d’incarner un Autre, au moment de sa résurgence dans les années 2010. Lisa Messeri montre comment les aspirations à faire le bien ont mené à concevoir des expériences de VR destinées aux privilégiés, pour leur faire éprouver le point de vue des personnes marginalisées, qui ne relèvent finalement que d’une empathie de façade. Dans les pages qui précèdent ce chapitre, l’anthropologue précise que l’imaginaire autour de la “machine à empathie”, à son apogée au moment de son enquête de terrain, s’est essoufflé depuis. Cependant, elle défend l’idée que cette notion demeure utile, non seulement parce que les critiques formulées à son encontre peuvent être appliquées à d’autres technologies, mais aussi parce que la logique simpliste de réparation du réel qu’elle porte est révélatrice de façons de penser plus largement la crise de la réalité. En tentant de réparer les fractures, la production d’expériences empathiques crée souvent des divisions supplémentaires.