Que reste-t-il de l’utopie internet ? Une recherche en cours sur la rémanence utopique dans la production d’outils numériques

Trente ans après les débuts d’internet en Europe, pourquoi certaines associations s’échinent-elles, contre les tendances actuelles, à promouvoir un internet idéal, qui appartienne à tout le monde et qui se tienne loin des profits marchands ? Cet article fait état d’une recherche doctorale en cours,...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/reset,
Autore principale: Richebourg, Aube
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: RESET 2024
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Trente ans après les débuts d’internet en Europe, pourquoi certaines associations s’échinent-elles, contre les tendances actuelles, à promouvoir un internet idéal, qui appartienne à tout le monde et qui se tienne loin des profits marchands ? Cet article fait état d’une recherche doctorale en cours, ethnographique et archivistique, sur les logiques sociales à l’œuvre dans l’internet associatif comme pratique utopique. Après une revue de littérature critique sur la notion d’utopie appliquée à internet, l’article s’attardera sur l’opérationnalisation de la notion de « rémanence utopique ». Celle-ci permet de désigner un moyen d’action, stable dans le temps, permettant de négocier collectivement le sens de l’activité et du travail dans un contexte de changement sociotechnique, par des acteurs aux dispositions inadaptées à la trajectoire hégémonique qu’a prise internet. Cette démonstration, attentive aux configurations, repose sur trois axes de réflexion que l’article esquisse. Le premier axe, historique, expose la marginalisation économique du modèle de production associatif dans les années 1990 et la capacité d’action à la marge du réseau qui en découle, le second axe, organisationnel, met en tension les discours dominants de la défense des libertés numériques et les pratiques de production associative, enfin, le troisième axe se penche sur les trajectoires individuelles et les usages sociaux de l’utopie internet.