Les brouteurs d’Abidjan
Cet article s’inscrit dans la problématique des usages et appropriations sociales d’internet. Il s’intéresse particulièrement au broutage, une forme spécifique de criminalité informatique centrée sur les escroqueries via internet qui tend dans l’imaginaire populaire ivoirien à symboliser les effets...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/reset, |
|---|---|
| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
RESET
2022
|
| Témata: | |
| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Cet article s’inscrit dans la problématique des usages et appropriations sociales d’internet. Il s’intéresse particulièrement au broutage, une forme spécifique de criminalité informatique centrée sur les escroqueries via internet qui tend dans l’imaginaire populaire ivoirien à symboliser les effets négatifs des TIC. Pour étudier cet « usage déviant » d’internet, il déploie une démarche d’anthropologie de la communication et exploite les données d’une enquête ethnographique menée pendant plus de huit mois auprès d’un groupe de brouteurs fréquentant un cybercafé d’Abobo (Abidjan). Il s’inspire des réflexions d’Howard Becker (étiquetage, carrière), d’Erving Goffman (cadre de la situation) et de Dick Hebdige (sous-culture). Ainsi, cet article met en visibilité l’espace, les acteurs et les pratiques ritualisées qui se développent dans le cybercafé, le cadre privilégié d’apprentissage du broutage. Il éclaire les attitudes individuelles, les valeurs et les représentations sociales autour desquelles le groupe de brouteurs se consolide et réagit face au processus d’étiquetage dont il est l’objet. Les brouteurs apparaissent alors comme une sous-culture juvénile urbaine déviante à Abidjan. |
|---|