Dévoiler les « bobards » des médias dominants
Le courant de la « réinformation » désigne un groupe d’acteurs militants alliant un ancrage idéologique identitaire et un répertoire d’action fondé sur une pratique informationnelle. Ainsi leur existence se fonde-t-elle sur une prétention à énoncer « la vraie vérité », tout en dénonçant ceux qui, se...
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| 出版年: | URI:https://journals.openedition.org/reset, |
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| 主要な著者: | , |
| フォーマット: | Article ou chapitre numérique |
| 言語: | Français |
| 出版事項: |
RESET
2021
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| 主題: | |
| オンライン・アクセス: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 要約: | Le courant de la « réinformation » désigne un groupe d’acteurs militants alliant un ancrage idéologique identitaire et un répertoire d’action fondé sur une pratique informationnelle. Ainsi leur existence se fonde-t-elle sur une prétention à énoncer « la vraie vérité », tout en dénonçant ceux qui, selon eux, trahiraient les exigences professionnelles et éthiques du journalisme : les médias « mainstream ». L’étude ici proposée se concentre sur un moment de sociabilité important pour le mouvement : les Bobards d’Or, une cérémonie annuelle parodique récompensant « [les journalistes] qui n’hésitent pas à mentir délibérément pour servir le politiquement correct », organisée à Paris par la Fondation Polémia. En croisant l’observation ethnographique de plusieurs éditions de la cérémonie, et une analyse statistique des 111 « mensonges » proposés au vote des internautes entre 2012 et 2019, nous analysons les modalités par lesquelles ces acteurs construisent une légitimité hybride, affichant des positions militantes tout en se réclamant de la grammaire du journalisme professionnel. Par un usage stratégique de leur statut d’outsiders, dans leurs discours et dans leurs pratiques, les réinformateurs cherchent à inscrire leurs pratiques comme conformes aux valeurs et standards du journalisme dit « mainstream ». Ce faisant, ils prétendent endosser les normes dont ils sont accusés de dévier. |
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