De la philologie à la linguistique : l’éclatement d’une discipline

Nous proposons dans cet article de brosser à grands traits le développement de la discipline philologique en Russie au xixe siècle, jusqu’à son éviction par la linguistique au début des années 1920. À l’image de sa matrice allemande, la philologie russe est une discipline large, qui embrasse l’étude...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/res,
Egile nagusia: Archaimbault, Sylvie
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Revue des études slaves 2018
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Nous proposons dans cet article de brosser à grands traits le développement de la discipline philologique en Russie au xixe siècle, jusqu’à son éviction par la linguistique au début des années 1920. À l’image de sa matrice allemande, la philologie russe est une discipline large, qui embrasse l’étude des langues et des textes, notamment anciens, mais aussi l’ethnographie, l’histoire, l’étude du folklore et des arts... Même si la philologie avait trouvé dans la slavistique une véritable terre d’élection, l’explosion des savoirs et des données recueillies par l’ensemble de ses sous-domaines devait mener à des spécialisations qui rendaient difficiles le maintien d’un ensemble cohérent et précipiter son éclatement. De grands linguistes du temps, dont Baudouin de Courtenay, l’ont rejetée pour son goût immodéré des textes écrits, son obsession des détails et son indifférence envers les corpus oraux pris dans leur variété. Seule une discipline nouvelle leur paraissait susceptible de renouveler en profondeur objets et méthodes.