Les Russes sous Catherine II : essai de visualisation d’un mythe politique

S’appuyant sur des sources issues du journalisme, de la littérature, du théâtre et des arts visuels de la seconde moitié du xviiie siècle, l’auteur de la présente étude identifie une contradiction fondamentale au cœur de la perception que les autorités russes avaient de leurs sujets « naturels ». À...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/res,
Autor principal: Vorobev, Andreï
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Revue des études slaves 2026
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:S’appuyant sur des sources issues du journalisme, de la littérature, du théâtre et des arts visuels de la seconde moitié du xviiie siècle, l’auteur de la présente étude identifie une contradiction fondamentale au cœur de la perception que les autorités russes avaient de leurs sujets « naturels ». À leurs yeux, en effet, ces sujets incarnaient tout à la fois les continuateurs d’une tradition nationale « ancienne » et « l’avant-garde » de la société moderne en cours de construction, et dans laquelle la galanterie devait désormais régir les relations à l’intérieur et entre les classes sociales. Ce regard contribua à façonner l’image des « Russes » comme les « enfants » innocents et de la nature et de l’Impératrice. Les dessins de Jean-Baptiste Le Prince, largement convoqué dans cette étude, en constituent une illustration parfaite. L’auteur soutient que les œuvres « russes » de Le Prince ne doivent pas être vues uniquement comme des pastorales, mais comme les produits d’un style hybride original, équilibrant théâtralité et souci ethnographique. Dans les années 1780, le succès de ce style hybride conduisit à ce que l’on utilise les gravures tirées des dessins de Le Prince comme sources pour la fabrication des sculptures en porcelaine de la célèbre série dite des « Peuples de Russie ».