« J’en embrasserais volontiers l’auteur » : la cinquième Épitaphe de Karamzin et sa poétique articulatoire

Cet article propose une relecture de l’épitaphe monostique de Nikolaj Karamzin « Покойся, милый прах, до радостного утра » (« Repose, cendre chérie, jusqu’au matin glorieux »). L’épitaphe y est replacée au sein du cycle formé par les cinq inscriptions funéraires que l’écrivain dédia à une...

Полное описание

Сохранить в:
Библиографические подробности
Опубликовано в: :URI:https://journals.openedition.org/res,
Главный автор: Kostin, Andreï
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: Revue des études slaves 2026
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Описание
Итог:Cet article propose une relecture de l’épitaphe monostique de Nikolaj Karamzin « Покойся, милый прах, до радостного утра » (« Repose, cendre chérie, jusqu’au matin glorieux »). L’épitaphe y est replacée au sein du cycle formé par les cinq inscriptions funéraires que l’écrivain dédia à une fillette (peut-être fictionnelle) décédée à l’âge de deux ans. L’auteur de l’article analyse la nature performative de ce cycle, en se concentrant sur la manière dont le public fut invité à co-construire l’œuvre, via un processus de sélection malheureusement obscurci par la canonisation du texte, mais dont la restitution est essentielle pour en saisir la signification première. Une analyse phonétique de l’épitaphe permet en outre d’y voir l’expression verbale du processus menant du chagrin vers la consolation, conformément à la conception karamzinienne du langage comme instrument collectif au service du soin et de la coopération sociale. Le projet de Karamzin échoua, car le phrasé de l’épitaphe fut perçu comme fixé une fois pour toute et comme narratif, plutôt que comme génératif et performatif. En complément à l’analyse de l’épitaphe, les notes de l’article abordent certains aspects de l’histoire de la correspondance de Petrov avec l’écrivain, la question de la qualification formelle du mètre monostique, et celle de la porosité entre deuil et érotisme dans la poétique de Karamzin.