« Une vision élargie » : l’art du modernisme à Leningrad

L’auteure explique le phénomène du modernisme léningradois des années 1920 à 1950 par les éléments suivants : d’une part par l’autorité d’artistes et d’écrivains non-soviétiques (Axmatova ou Kuzmin), et en particulier celle des avant-gardistes trans-mentaux (zaumniki) qui, comme Matjušin et ses élèv...

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Xuất bản năm:URI:https://journals.openedition.org/res,
Tác giả chính: Andreeva, Ekaterina
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: Revue des études slaves 2025
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Tóm tắt:L’auteure explique le phénomène du modernisme léningradois des années 1920 à 1950 par les éléments suivants : d’une part par l’autorité d’artistes et d’écrivains non-soviétiques (Axmatova ou Kuzmin), et en particulier celle des avant-gardistes trans-mentaux (zaumniki) qui, comme Matjušin et ses élèves, forgèrent une façon d’appréhender la ville distincte des normes soviétiques ; d’autre part par l’influence de diverses institutions, de l’Institut des peuples du Nord, à l’atelier expérimental de lithographie de l’union des artistes, en passant par l’usine de porcelaine. Ces personnalités et ces institutions contribuèrent à la préservation, à Leningrad, non pas tant de la tradition de la culture moderniste des années 1910 que de l’esprit même de la création libre. Cela permit l’apparition d’un premier dégel en 1946 (Mixail German) et favorisa la consolidation de l’idée d’une création artistique échappant au contrôle politique. Prenant comme exemple du modernisme léningradois la peinture de Vladimir Ginberg – peintre qualifié d’« artiste de l’esprit » par Nikolaj Punin en 1946 – le présent article la fait dialoguer avec plusieurs contextes intellectuels : l’essai de Baudelaire Un artiste de la vie moderne, mais également les considérations sur l’ordre dévelopées par Daniil Xarms dans une lettre à Klavdija Pugačeva et dans sa poésie de 1933 « Šariki sudariki/blestjat šelestjat » et enfin les idées de Giorgio Agamben sur l’homme libre en tant que paysage non-assimilable, qui permettent de montrer le caractère non-soviétique du paysage léningradois en général et du milieu artistique de la ville en particulier.