Loi morale, morale sans loi : genre, mort et éthique du service dans Anna Karénine
La philosophie éthique de L. N. Tolstoj fait l’objet d’une recherche intense depuis un peu plus d’une décennie. Dans cet article, nous nous intéresserons à la représentation de l’intériorité dans le roman Anna Karénine, en étudiant un motif récurrent : la référence à la loi. Comme le pr...
Na minha lista:
| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/res, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Revue des études slaves
2023
|
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | La philosophie éthique de L. N. Tolstoj fait l’objet d’une recherche intense depuis un peu plus d’une décennie. Dans cet article, nous nous intéresserons à la représentation de l’intériorité dans le roman Anna Karénine, en étudiant un motif récurrent : la référence à la loi. Comme le pressentait Lev Šestov, quoique dans un sens différent, le recours ou la soumission à un opérateur légal lors des processus de délibération apparaît comme un discriminant majeur du système des personnages tolstoïens. Notre propos sera de souligner une partition entre personnages « légalistes » et « illégalistes » (capables d’agir sans rechercher l’approbation d’une norme). Nous verrons que cette partition recoupe partiellement des distinctions de genre et de classe. Nous montrerons – contre Šestov – que le refus de la loi par le personnage n’équivaut pas à une condamnation de celui-ci par l’auteur. Au contraire, Tolstoj met en regard les deux formes d’orientation éthique, dans une comparaison qui tourne souvent à la faveur de la « morale sans loi ». Nous proposerons enfin un parallèle entre cette seconde sorte de moralité et le paradigme du care, conçu comme une éthique affranchie de la référence à un sentiment de légalité. |
|---|