Peut-on écrire l’histoire du postmodernisme russe ?

Après avoir fait le constat de l’absence en français d’une « Histoire de la littérature russe » faisant mention du postmodernisme, en tant que phénomène des années El′cin, on s’interroge sur l’existence d’une littérature postmoderniste russe et sur la nécessité d’en déterminer la place. Le...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/res,
Yazar: Després, Isabelle
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Revue des études slaves 2022
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Diğer Bilgiler
Özet:Après avoir fait le constat de l’absence en français d’une « Histoire de la littérature russe » faisant mention du postmodernisme, en tant que phénomène des années El′cin, on s’interroge sur l’existence d’une littérature postmoderniste russe et sur la nécessité d’en déterminer la place. Les difficultés méthodologiques sont liées à la définition du terme et à la spécificité russe par rapport au modèle occidental, en particulier à la question de la continuité ou de la rupture entre modernisme et postmodernisme. L’article compare les thèses de Mark Lipoveckij, Mixail Epštejn, Vjačeslav Kuricyn, Irina Skoropanova, Ol′ga Bogdanova, et constate que la périodisation varie selon les points de vue des historiens. Les uns (Lipoveckij, Epštejn) considèrent le postmodernisme comme un phénomène lié aux années El′cin, tandis que d’autres lui accordent un champ temporel beaucoup plus étendu, englobant toute la période qui a suivi le Dégel des années 1960 (Skoropanova, Bogdanova). La délimitation du corpus ne fait pas non plus consensus. Le cas particulier du poète Iosif Brodskij est révélateur d’une certaine tendance à qualifier de postmoderniste toute œuvre qui s’écarte du canon traditionnel. L’article suggère de s’en tenir à une temporalité étroite, celle des années 90, bornée par la polémique des revues littéraires sur le terme « postmodernisme », et de recourir, pour la délimitation du corpus, au critère de l’intention de l’auteur et à la notion d’esthétique de la réception (Jauss).