«Наш Достоевский»: присвоение как саморазрушение

L’objet de l’article est d’étudier les modifications survenues dans la réputation soviétique de Dostoïevski, essentiellement après la mort de Staline et la commémoration de l’écrivain en 1956. Malgré ses positions « anti-nihilistes » objet de critique, y compris de la part de Gor′kij, l’écr...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/res,
Hovedforfatter: Dmitriev, Alexander
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Russe
Udgivet: Revue des études slaves 2022
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:L’objet de l’article est d’étudier les modifications survenues dans la réputation soviétique de Dostoïevski, essentiellement après la mort de Staline et la commémoration de l’écrivain en 1956. Malgré ses positions « anti-nihilistes » objet de critique, y compris de la part de Gor′kij, l’écrivain a toujours été préservé d’un interdit total, grâce à son statut de « grand maître de l’écriture » et à sa renommée internationale. Dans les années 1960, après la sortie de la seconde édition du livre de Mixail Baxtin sur Dostoïevski et la réintroduction de l’écrivain dans les programmes scolaires, disparaît de l’usage la notion négative de « dostoevščina ». Au même moment se forment les deux pôles principaux de son interprétation soviétique : l’interprétation libérale (Jurij Karjakin) et l’interprétation slavophileconservatrice (Vadim Kožinov). Les anniversaires de 1971 et de 1981 intègrent définitivement Dostoïevski au canon soviétique ; quant au roman, les Démons, il est apprécié positivement, y compris par les cercles officiels dans le contexte de critique du terrorisme de gauche postérieur à 1968. Au cours de la perestroïka, l’héritage de Dostoïevski sert d’étendard à la critique de « l’expérimentation soviétique » et des conséquences de la révolution russe.