Le double récit de la vie de Taras Ševčenko
Taras Ševčenko laisse d’abord d’autres personnes raconter sa vie. Ensuite, il la raconte lui-même, de façon répétée. L’histoire de son moi devient dans sa prose, dans sa poésie lyrique, dans ses autoportraits son archétype personnel. Son moi, qui naît deux fois, se multiplie et se transforme esthéti...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/res, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Revue des études slaves
2018
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | Taras Ševčenko laisse d’abord d’autres personnes raconter sa vie. Ensuite, il la raconte lui-même, de façon répétée. L’histoire de son moi devient dans sa prose, dans sa poésie lyrique, dans ses autoportraits son archétype personnel. Son moi, qui naît deux fois, se multiplie et se transforme esthétiquement de façon renouvelée, une fois qu’il est affranchi. Son moi apparaît dans des hypostases toujours nouvelles, par exemple en tant que moi écrivant russe et ukrainien. Au-delà de ses multiplications, son moi cherche à regagner son identité subjective et à s’intégrer comme sujet dans une nouvelle famille plus large, celle des Ukrainiens. Ševčenko se recrée ainsi que l’Ukraine dans sa prose russe, mais avant tout dans sa poésie lyrique ukrainienne. Ainsi le poète dépasse son trouble d’identité dissociatif et se réapproprie un moi cohérent. La perte traumatique de sa mère est compensée, de façon esthétique, par la mère collective qu’est l’Ukraine. Écrire est ici aussi une auto-thérapie. |
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