Un « février théâtral » pour les dix ans d’octobre

Le 9 avril 1927, alors que le pays se préparait à célébrer les dix ans de la révolution d’Octobre, le poète zaumnik Igor′ Terent′ev proposait au public médusé du Théâtre de la Maison de la Presse de Leningrad une mise en scène du Revizor de Gogol′ qui fit scandale. Cette provocation était une répons...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/res,
Päätekijä: Jaccard, Jean-Philippe
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: Revue des études slaves 2019
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Le 9 avril 1927, alors que le pays se préparait à célébrer les dix ans de la révolution d’Octobre, le poète zaumnik Igor′ Terent′ev proposait au public médusé du Théâtre de la Maison de la Presse de Leningrad une mise en scène du Revizor de Gogol′ qui fit scandale. Cette provocation était une réponse parodique à la mise en scène, une année avant, de la même pièce par Vsevolod Mejerxol′d à Moscou que Terent′ev considérait comme une capitulation esthétique qu’une reconstitution de son spectacle met bien en évidence. Mais au-delà de cette polémique par spectacles interposés, cette mise en scène résume le dilemme auquel était parvenue l’avant-garde russe à la veille de la mise au pas par le pouvoir : devait-elle rester (ou revenir) à ses fondamentaux d’avant 1917, comme le revendiquait Terent′ev en même temps que d’autres forces « de gauche » à Leningrad (du GINXUK à l’OBÈRIU), ou devait-elle tenter d’adapter ses principes esthétiques au pouvoir issu de la révolution comme le faisait le Front gauche des arts (LEF) de Majakovskij et autres « communistes futuristes » à Moscou ?