L’histoire, la politique et la mort dans le Journal d’un philosophe (1917-1920) d’Alexandre Kojève

L’article est consacré aux premiers textes d’Alexandre Kojève qui datent de 1917 : initialement écrits à Moscou, ils furent ensuite égarés, puis reconstitués par Kojève en 1920 après son départ de Russie. Il s’agit d’un « cahier philosophique » qui témoigne de l’intérêt que porte le jeune Kojève à l...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/res,
Autor principal: Tokarev, Dimitri
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Revue des études slaves 2019
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:L’article est consacré aux premiers textes d’Alexandre Kojève qui datent de 1917 : initialement écrits à Moscou, ils furent ensuite égarés, puis reconstitués par Kojève en 1920 après son départ de Russie. Il s’agit d’un « cahier philosophique » qui témoigne de l’intérêt que porte le jeune Kojève à la philosophie morale, explicitement ou implicitement liée à l’actualité historique. En premier lieu, on analyse les Pensées sur la bataille des îles Arginuses écrites à la veille de la révolution de Février, le 5 janvier 1917. Dans ce texte, qui traite d’une bataille entre les flottes athénienne et spartiate en 406 avant J. C. sans manquer toutefois quelques allusions aux événements de la Grande Guerre, Kojève réfléchit sur le conflit entre l’universalité éthique et la réalité. L’autre texte est une réflexion sur la mort, inspirée par l’assassinat du père adoptif de Kojève, tué par des paysans pauvres. L’importance de ces écrits consiste dans le fait qu’ils jettent la lumière sur la pensée politique de Kojève et annoncent donc les spéculations sur la violence révolutionnaire et la Terreur que le philosophe a développées lors de son séminaire sur Hegel à l’EPHE (1933-1939). On propose ainsi une lecture historisante des textes en question, sans hésiter à aller parfois à contre-courant de la vision qu’en avait Kojève lui-même.